Le vaginisme, qu’est-ce que c’est?
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21.10.2020

par Véronique Callewaert

Le vaginisme est un trouble sexuel mal connu qui touche environ 1% des femmes et qui représente entre 6 et 15% des consultations en sexologie.

Le vaginisme empêche toute pénétration vaginale par la contraction involontaire des muscles du plancher pelvien, lorsqu’il y a tentative d’insérer un objet dans le vagin : tampon, doigt, pénis, …

Les organes génitaux de la femme sont normaux et indemnes de toute pathologie. Par un mécanisme réflexe totalement involontaire des muscles périvaginaux – des spasmes incontrôlés, l’orifice vaginal se referme et rien n’y entre !

Sur le plan physique, la contraction rend la pénétration IMPOSSIBLE, ou dans certains cas possible mais très DOULOUREUSE. Ce n’est pas la contraction musculaire qui est douloureuse en elle-même, c’est la tentative de pénétration qui provoque une douleur comparable à une sensation de brûlure, de déchirement.

Ce trouble peut entraîner des souffrances à différents niveaux : physique, psychologique, émotionnel, relationnel.

Sur le plan psychologique, la femme peut ressentir une grande détresse car très souvent elle ne comprend pas ce qui lui arrive et se sent impuissante.

Emotionnellement, elle peut être en proie à des sentiments de honte, de culpabilité, de peur, de frustration, de baisse de l’estime de soi, … Des pensées et questions peuvent l’obséder : « Je ne suis pas une femme comme les autres. » ; «Toutes mes amies sont en couple et pas moi. Qu’est-ce qui cloche chez moi ? « Qu’est-ce qui va arriver à ma relation si… je ne peux pas faire l’amour, si je ne peux avoir un bébé, si mon vagin reste fermé» …. ?

C’est ainsi que la femme entre progressivement dans un cercle vicieux : à la simple anticipation d’une pénétration vaginale, il y a peur de la douleur, ce qui déclenche le réflexe involontaire de contraction des muscles, qui provoque la douleur en cas de tentative de pénétration ; et ainsi de suite… La douleur est bien REELLE ; ce n’est pas dans la tête de la femme.

Contractions —-> Douleurs —-> Peurs et appréhensions —->Contractions —-> Douleurs —->… .

Ce cercle vicieux en entraîne un autre au niveau de l’estime de soi de la femme atteinte de ce trouble car elle va perdre peu à peu sa libido et mettre en place des stratégies d’évitement de la sexualité, voire choisir le célibat pour ne pas être confrontée à cette difficulté.

Diminution de l’estime de soi —->Baisse de la libido —-> Stratégies d’évitement de la sexualité —->Diminution de l’estime de soi—->… .

Distinguons :

  • le vaginisme primaire et le vaginisme secondaire :

Dans les cas de vaginisme primaire, la pénétration vaginale n’a jamais été possible depuis le début de la vie sexuelle de la femme, qui est encore souvent vierge.

Dans le vaginisme secondaire, le trouble apparaît après une vie sexuelle parfois satisfaisante, parfois après des douleurs liées à la pénétration – dyspareunie – ce qui a amené son vagin à se refermer involontairement.

  • le vaginisme global et le vaginisme situationnel :

On parlera de vaginisme global quand il se produit dans toutes les situations et avec tout « objet » à introduire dans le vagin. (spéculum de l’examen gynécologique, pénis lors d’un rapport sexuel par pénétration vaginale, tampon, …)

Le vaginisme situationnel se produit dans certaines situations et pas d’autres (exemple : avec un partenaire mais pas avec les précédents ; lors d’un examen gynécologique mais pas lors de l’introduction d’un tampon ; …)

Les causes du vaginisme.

Les causes du vaginisme sont multiples :

  • psychologiques (immaturité sexuelle par manque d’information et d’éducation sexuelles ; interdits moraux ou religieux ; très mauvaise connaissance et représentation du sexe qui est perçu avec angoisse; peurs et phobies liées à des traumatismes de la zone génitale comme un examen gynécologique douloureux, un abus sexuel, des attouchements non consentis …)
  • physiologiques (des infections urinaires à répétition, de l’endométriose, de l’herpès, …)

Le diagnostic

L’examen gynécologique est indispensable pour éliminer une cause physique à cette impossibilité de pénétration ;  il convient de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une vestibulite ou d’une vulvodynie ; ni, dans des cas fort rares, d’un hymen trop résistant .

Le traitement du vaginisme.

Plus tôt le vaginisme est pris en compte, plus facile il sera de le traiter. Il est en effet dommage d’attendre des années avant de consulter… car le vaginisme n’est pas une fatalité ! Le vaginisme est un symptôme sexuel qui se guérit bien, les femmes ne doivent plus hésiter à consulter.

La prise en charge sera principalement sexothérapeutique, intégrant l’écoute des angoisses des femmes et de leurs souffrances ; une remise à niveau de leurs connaissances anatomiques et sexuelles; et enfin surtout une reconnexion avec leur corps, leur sexe et leur vagin grâce à des exercices variés.

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